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Griffe décorative

Pollution lumineuse et trame noire

Préservons la nuit

La pollution lumineuse, qu'est-ce que c'est ?

La pollution lumineuse désigne l’ensemble des effets négatifs produits par l’éclairage artificiel public et privé sur l’environnement nocturne. Elle résulte de :

  • L’éclairement excessif des villes, routes et zones industrielles (habitations intérieures et extérieures, vitrines, enseignes …).
  • L’éblouissement dû à des luminaires mal orientés (ex. dirigés vers le ciel).
  • L’intrusion lumineuse dans les habitats naturels ou les logements (ex. : enseignes publicitaires trop brillantes).

La trame noire complète la trame verte et bleue : elle vise à préserver les continuités écologiques nocturnes indispensables au déplacement, à la reproduction et à l’alimentation de nombreuses espèces.

Pourquoi est-ce important de lutter contre la pollution lumineuse ?

Protéger la nuit, c’est agir à la fois pour la biodiversité, la santé et la sobriété énergétique. 84 % de la population mondiale est aujourd’hui exposée à une pollution lumineuse. Même si le territoire du Parc et Géoparc Normandie-Maine reste relativement préservé, les halos lumineux des bourgs et des zones urbanisées modifient déjà les équilibres écologiques.

S’intéresser à la pollution lumineuse, c’est :

  • Réduire les dépenses d’énergie et indirectement les émissions de gaz à effet de serre. Un éclairage mal conçu (orientation, position, puissance…) augmente la consommation d’électricité et les coûts de maintenance.
  • Préserver la faune et la flore (le vivant de façon générale), dont beaucoup d’espèces sont actives au crépuscule ou la nuit et utilisent les étoiles ou la lune pour s’orienter. La pollution lumineuse crée de véritables barrières écologiques. Beaucoup d’insectes, d’oiseaux ou de chauves-souris évitent les zones éclairées, modifiant leurs trajectoires et leurs comportements. A l’inverse, beaucoup sont également attirés et meurent d’épuisement.
  • Favoriser un ciel étoilé, patrimoine naturel et culturel précieux. Le halo lumineux des villes fait disparaître le ciel étoilé, réduisant la possibilité d’observer la voie lactée et le patrimoine astronomique visible à l’œil nu.
  • Améliorer la santé humaine. Une exposition excessive à la lumière artificielle perturbe les cycles du sommeil et les sécrétions hormonales liées à la mélatonine.

Préserver la nuit, c’est redonner aux humains et aux non-humains un rythme plus apaisé et plus durable.

 Infographie trame noire

 

Le label « Villes et villages étoilés »

Porté par l’Association Nationale pour la Protection du Ciel et de l’Environnement Nocturne (ANPCEN), le label Villes et villages étoilés distingue les communes engagées dans la réduction de la pollution lumineuse. Basée sur une approche transversale des enjeux liés à la nuit (sécurité, confort, santé, coûts, biodiversité, relation avec les citoyens) il distingue, au moyen de l’attribution d’une à cinq étoiles, les bonnes pratiques (actuelles et en devenir) des communes ou des territoires pour environ cinq ans.

Pour accompagner et impulser une démarche en faveur de la réduction de la pollution lumineuse, le Parc & Géoparc Normandie-Maine a accompagné pour l’édition 2024-2025 deux communes volontaires de son territoire dans l’obtention de ce label : Coulonges-sur-Sarthe (61) et Saint-Rémy-du-Val (72). Au 30 septembre 2025, elles sont devenues avec la commune de la Ferrière-aux-Etangs (61), les 3 premières communes du périmètre du Parc & Géoparc Normandie-Maine à être labélisées respectivement de 2 et 3 étoiles.

Au niveau national, ce sont actuellement plus de 1 000 communes en France qui ont obtenu le label, dont une trentaine en Normandie et en Pays de la Loire.

 

L'éclairage public sur ma commune

Début 2025, le Parc a lancé un questionnaire pour mieux connaitre les pratiques des communes en matière d’éclairage public. 83 communes y ont répondu.

De ce travail, il est possible de dresser un premier portrait des pratiques d’éclairage sur le territoire :

  • 98 % des répondants pratiquent l’extinction en cœur de nuit
  • 90 % des répondants éteignent plus de 5 heures par nuit
  • 1 commune pratique une extinction totale de son éclairage public

Vous êtes un élu et vous voulez nous transmettre les informations de votre commune ? N’hésitez pas à remplir le formulaire.

 

Comment agir ?

Il est nécessaire de bien distinguer la sobriété énergétique de la sobriété lumineuse. Alors que le développement des éclairages LED et solaire ont considérablement réduit l’impact énergétique (et financier), il a dans le même temps faciliter l’accès/ permis l’extension/l’augmentation/le déploiement des points lumineux / le nombre de points lumineux.

Avant de se lancer dans un projet d’éclairage, il faut répondre à une première question : est-ce que l’éclairage public est nécessaire ?

La première motivation pour éclairer est bien souvent lié à la volonté d’assurer la sécurité et le confort des usagers dans l’espace, qu’il soit public ou non. Ainsi on éclaire les rues, les devants de maison ou les devantures de magasin. Mais même si l’éclairage public peut participer à atténuer l’effet d’insécurité, aucune étude ne peut prouver que l’effet réel.

Si l’éclairage public se révèle nécessaire, il est alors temps de se poser de nouvelles questions : comment adapter l’éclairage pour répondre au mieux aux besoins ? Où l’implanter pour limiter les impacts sur la biodiversité ? Quelles puissances ? Quand ?

L’objectif est de mettre en place un éclairage sobre en prenant en compte différents critères :

  • La réduction de l’intensité
  • La réduction du nombre de points lumineux
  • La qualité spectrale de la source (privilégier les couleurs chaudes)
  • La gestion temporelle de l’éclairage (par extinction ou gradation)
  • La distribution du flux lumineux