La pollution lumineuse désigne l’ensemble des effets négatifs produits par l’éclairage artificiel public et privé sur l’environnement nocturne. Elle résulte de :
La trame noire complète la trame verte et bleue : elle vise à préserver les continuités écologiques nocturnes indispensables au déplacement, à la reproduction et à l’alimentation de nombreuses espèces ainsi qu'à la santé humaine.

Protéger la nuit, c’est agir à la fois pour la biodiversité, la santé et la sobriété énergétique. Environ 80 % de la population mondiale est aujourd’hui exposée à un excès lumineux (éclairage public, intérieurs, vitrines professionnelles, écrans...). Même si le territoire du Parc et Géoparc Normandie-Maine reste relativement préservé, les halos lumineux des bourgs et des zones urbanisées modifient déjà les équilibres écologiques.
Par ailleurs, ces dernières années, plusieurs avancées ont contribué à mieux prendre en compte les enjeux liés à la pollution lumineuse. La réglementation s'est renforcée, notamment avec l'encadrement des enseignes et publicités lumineuses issu de la loi Biodiversité de 2016. Ces progrès restent perfectibles mais méritent d'être soulignés, tout comme la nécessité de veiller à leur bonne application. Dans le même temps, la hausse du coût de l'énergie a conduit de nombreuses communes à réduire leur éclairage nocturne à partir de 2022. Malgré quelques retours en arrière, ces initiatives ont montré qu'une gestion plus sobre de la lumière pouvait être mise en œuvre à grande échelle.
S’intéresser à la pollution lumineuse, c’est :
Préserver la nuit, c’est redonner aux humains et aux non-humains un cycle circadien plus apaisant et plus soutenable.

Porté par l’Association Nationale pour la Protection du Ciel et de l’Environnement Nocturne (ANPCEN), le label Villes et villages étoilés distingue les communes engagées dans la réduction de la pollution lumineuse. Basée sur une approche transversale des enjeux liés à la nuit (sécurité, confort, santé, coûts, biodiversité, relation avec les citoyens) il distingue, au moyen de l’attribution d’une à cinq étoiles, les bonnes pratiques (actuelles et en devenir) des communes ou des territoires pour au moins cinq ans.
Pour accompagner et impulser une démarche en faveur de la réduction de la pollution lumineuse, le Parc & Géoparc Normandie-Maine a accompagné pour l’édition 2024-2025 deux communes volontaires de son territoire dans l’obtention de ce label : Coulonges-sur-Sarthe (61) et Saint-Rémy-du-Val (72). Au 30 septembre 2025, elles sont devenues avec la commune de la Ferrière-aux-Etangs (61), les 3 premières communes du périmètre du Parc & Géoparc Normandie-Maine à être labélisées respectivement à hauteur de 2 et 3 étoiles.
Au niveau national, ce sont actuellement plus de 1 000 communes qui ont obtenu le label, dont une trentaine en Normandie et en Pays de la Loire.
L'éclairage public sur ma commune
De ce travail, il est possible de dresser un premier portrait des pratiques d’éclairage sur le territoire : - 98 % des répondants pratiquent l’extinction en cœur de nuit Vous êtes un élu et vous voulez nous transmettre les informations de votre commune ? |
Il est nécessaire de bien distinguer la sobriété énergétique de la sobriété lumineuse. Alors que le développement des éclairages LED et solaire a considérablement réduit l’impact énergétique (et financier), il a dans le même temps facilité l’accès, permis l’extension, l’augmentation, le déploiement des points lumineux.
Avant de se lancer dans un projet d’éclairage, il convient de se poser cette première question : est-ce que l’éclairage public est nécessaire ?
La première motivation pour éclairer est bien souvent lié à la volonté d’assurer la sécurité et le confort des usagers dans l’espace, qu’il soit public ou non. L'extinction de l'éclairage public peut en effet susciter un sentiment d'insécurité, lié à la perte de repères visuels ou à l'habitude d'un environnement éclairé. Ce ressenti est réel et largement partagé. Pour autant, les études disponibles ne mettent pas en évidence de lien systématique entre diminution de l'éclairage et hausse de la délinquance ou de l'accidentalité. Plusieurs travaux du Cerema soulignent que les situations varient selon les contextes locaux et que la sécurité dépend de nombreux autres facteurs.
Pour aller plus loin : la thèse de Chloé Baudet
Là où l’éclairage est jugé nécessaire, l’analyse mérite d’être poussée sur certains paramètres pour en réduire les effets indésirables :
1 - Comment adapter l’éclairage pour répondre au mieux aux besoins ?
-> Privilégier les couleurs chaudes
-> Diriger le flux lumineux vers le bas

2 - Où l’implanter pour limiter les impacts ?
-> Limiter l’implantation des éclairages là où l’on juge que c’est vraiment nécessaire.
3 - Quelles puissances ?
-> Réduire l’intensité
4 - Quand ?
-> Réduire les périodes d'éclairage
-> Pratiquer l'extinction en coeur de nuit
-> Potentiellement, utiliser des éclairages à détection de présence