Qui sommes nous ?

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Les Parcs sont nés d'une utopie.
Une véritable utopie érigée au rang de service public.

Après mon élection en 2011, j'ai eu l'occasion d'accompagner un cortège de présidents et de directeurs de parcs à Lurs-en-Provence, à l'endroit même où, en 1966, des agriculteurs, des architectes, des administrateurs, des psychiatres, des géographes, des sociologues, des naturalistes et des sportifs se sont réunis pour donner naissance aux Parcs naturels régionaux. Marchant dans les pas de mes prédécesseurs, j'ai compris les idées qui ont inspiré les créateurs des Parcs.

Des choses ont été dites lors de cet événement que nous devons garder à l'esprit. Elles sont les pierres fondatrices de notre propre Parc.

Sur la protection de la nature par exemple, le géographe Jean Labasse déclarait par exemple : « La nature ne saurait se suffire à elle-même, elle est au service de l'homme, mais sans doute celui-ci n'en bénéficiera-t-il que s'il la respecte » (J. Labasse, Milieu naturel et géographie volontaire, in Journée nationales d'études sur les PNR, Lurs en Provence, sept. 1966).

Profiter de la nature donc… Mais respecter le capital fragile des générations qui nous suivront. N'est-ce pas la mission que le Parc porte quotidiennement ici ?

En 1966 toujours, s'exprimant sur la ruralité dans les Parcs, un scientifique s'emportait : « il est inconcevable de songer conserver dans le plein sens du mot, c'est-à-dire à maintenir vivant un espace physique, biologique sans lui conserver en même temps ceux qui l'ont fait, les hommes et leurs activités » (I. Chiva, L'espace rural, création de l'homme, in Journée nationales d'études sur les PNR, Lurs en Provence, sept. 1966).

Et, à ses côtés, un éleveur ajoutait qu'il faudrait, grâce aux Parcs, « recréer une société rurale » avec son commerce, son artisanat, son agriculture mais « sans réserver la campagne aux agriculteurs ». Il ne faut pas, disait-il, « refuser aux architectes le droit de façonner la terre [...] l'amour de la terre » étant une chose partagée.

Il y avait à Lurs, en 1966, des gens très sérieux. Il y avait des ministres, des préfets, il y avait Claude Parent, il y avait Edgar Faure. Il y avait de grands résistants.

Et tous se sont dit : « une autre vie s'invente ici », dans les Parcs naturels régionaux.

Sur le territoire des Monts de Normandie et du Maine, chaque jour, avec vous, nous nous employons à inventer cette autre vie.

 

Maryse Oliveira
Présidente