Ecrevisse à pieds blancs

L’écrevisse à pieds blancs  est la seule espèce d’Ecrevisse indigène sur le territoire du Parc. Sa coloration est très variable : du vert-bronze à brun-olivâtre. Elle se caractérise par sa petite taille (9 à 12 cm maximum). Son mode de vie, nocturne, exige la présence de nombreuses caches (pierres, blocs, racines d’arbres) pour les nécessités d’abri (protection vis à vis des prédateurs) en journée mais aussi la fourniture de nourriture, l’abondance de proies étant intimement liée à la diversité des habitats aquatiques. L’Ecrevisse à pieds blancs est omnivore.

Une de ses caractéristiques principales est d’être très sensible à la qualité de son milieu. Elle réclame des eaux fraîches, oxygénées, pas ou peu polluées. Les cours d’eau du Parc, situés en tête de bassin versant, pour la plupart forestiers, répondent particulièrement bien à cette définition. Raison pour laquelle cette espèce était historiquement présente sur une grande partie des cours d’eau du territoire.

L’Ecrevisse à pieds blancs est en forte régression au niveau national. Elle était présente sur tout le territoire national jusque dans les années 1970. Or, on observe aujourd’hui son absence dans de nombreux départements. Elle ne subsiste désormais plus que sur de faibles portions de cours d’eau, sources généralement.

Le territoire du Parc ne résiste pas à cette tendance, avec seulement 34 tronçons de cours d’eau connues abritant encore l’espèce, dont la longueur moyenne dépasse rarement le kilomètre.

La régression de cette espèce a plusieurs causes :

-                     la dégradation de la qualité physico-chimique des eaux due à des pollutions d’origines diverses ;

-                     la destruction du milieu consécutive aux travaux de recalibrage, de curage et aux déplacements de cours d’eau ;

-                     l’introduction d’espèces exotiques, et notamment de l’Ecrevisse du Pacifique dès la fin des années 70. Cette dernière, plus tolérante à la dégradation des conditions de milieu est particulièrement agressive et peut être porteuse saine d’une maladie appelée aphanomycose ou peste des Ecrevisses qui décime les populations d’Ecrevisses à pieds blancs. Le germe de cette maladie, un champignon, peut contaminer le matériel de pêche, et plus généralement le matériel susceptible d’entrer en contact avec les eaux, et être disséminé dans des cours d’eau abritant des Ecrevisses à pieds blancs d’où la nécessité de prendre les précautions d’usage après la pêche dans des cours d’eau différents.

L’Ecrevisse à pieds blancs se distingue morphologiquement de l’Ecrevisse du Pacifique de plusieurs façons : en savoir plus.

Le bassin du Sarthon abrite encore 7 populations d’Ecrevisses à pieds blancs, ce qui en fait un site d’exception pour l’espèce. Ces populations sont menacées du fait de la présence d’Ecrevisses du Pacifique sur un des affluents, le ruisseau de Rouperroux, situé en tête de bassin versant. Sa présence est connue depuis 2006 mais elle a probablement été introduite quelques années auparavant. La préservation des dernières populations d’Ecrevisses à pieds blancs passe par l’éradication ou par le contrôle de cette population afin d’éviter sa progression sur le bassin versant.

C’est pourquoi, depuis 2007, le Parc naturel régional Normandie-Maine, en collaboration avec l’ONEMA de l’Orne, expérimente des actions d’éradication de l’Ecrevisse du Pacifique. Les premières opérations, basées sur la capture d’un maximum d’individus, n’étaient pas suffisantes à cause, d’une part, de la forte dynamique de reproduction de l’espèce et, d’autre part, que la méthode de capture épargnait les juvéniles.

Par conséquent, il a été fait le choix de mettre en œuvre un nouveau protocole qui prenne en compte ces deux paramètres. Mis en place à l’été 2010, ce protocole élaboré et mis en œuvre sur le terrain par le bureau d’étude « Saules et Eaux », repose toujours sur la capture des individus mais intègre des techniques de stérilisation.

• Consulter le rapport sur les opérations menées en 2010

• Consulter le rapport sur les opérations menées en 2011



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